Portrait de Frédérique Labellisée Gîtes de France depuis 1996 Ville : Bollezeele Région : Nord, Nord-Pas-de-Calais type d'hébergement : maison d’hôtes
Portrait de Frédérique, labellisée Gîtes de France depuis 1996 - Propriétaire d'une maison d'hôtes à Bollezeele dans le Nord

« Il arrive des événements dans la vie qui font que l’on décide de mener une vie différente, plus riche,  et où l’on se donne la possibilité d’exercer pleinement ses passions. »

Ma bio

Nous avions une vie professionnelle classique : mon mari, Jean-François, a été menuisier ébéniste puis aide-comptable. J’ai été aide-soignante en milieu hospitalier et auprès des personnes âgées,  et enfin secrétaire médicale.

Dans un premier temps nous nous sommes impliqués dans une association (son nom est Yser Houck) qui s’occupe de la sauvegarde du patrimoine culturel, paysager et historique de la Flandre.

Puis j’ai repris des études pour exercer des activités qui me passionnent : tout d’abord à l’université de Lille avec l’acquisition d’un diplôme des sciences de l’environnement qui permet de devenir guide nature (j’ai acquis des connaissances approfondies sur les plantes sauvages, la lecture des paysages…). Puis à l’école académique de Bailleul où j’ai suivi un  cours hebdomadaire  sur l’art du textile (dentelles fuseaux, dentelles aiguilles et broderies).

Jean-François, de son côté, développa son activité de plumiste : il dessine à l’encre de chine et à la plume. Il est devenu un administrateur du relais départemental « Gîtes de France Nord ». Il est aussi animateur dans une radio locale (une radio associative qui s’appelle Uylenspiegel) depuis 2000 (et c’est le président de cette radio depuis 2009).

Ma région coup de cœur

« Nous habitons Bollezeele, un petit bourg de 1500 habitants à mi-distance entre la ville d’origine de mon mari (Saint Omer) et de ma propre ville (Bergues). »

Le domaine fermier où nous habitons appartenait à mes parents et nous avons repris et transformé les bâtiments agricoles pour créer nos chambres d’hôtes.

Nous aimons ce lieu car il est au cœur de tout ce que nous apprécions dans le Nord :

  • La culture flamande : on dit que Bollezeele est le plus flamand des villages flamands. C’est une terre riche en histoire depuis plus de 1000 ans.
  • Nos villages ont des personnalités marquées avec un patrimoine architectural important : avec une Hallekerque (une magnifique église de style gothique), un beffroi, de nombreuses chapelles disséminées dans les chemins creux…
  • C’est une région dynamique avec de nombreuses activités culturelles : beaucoup de musées, de spectacles à petit prix et de grande qualité.
  • C’est une région riche par son paysage : Nous sommes à 20 minutes de la mer, de ses grandes plages de sable fin, de ses réserves naturelles (Platier d’Oye, la Dune Dewulf, et la Dune Marchand…). A 15 minutes de la forêt et du marais audomarois flamand (qui a reçu le label « Man and Biosphère » par l’UNESCO).
  • Nous sommes proches de villes fortifiées ou riches en patrimoine comme Gravelines, Bergues, Cassel, Saint-Omer et Dunkerque.
  • A une heure de grandes villes comme Bruges, Arras, et Lille.
  • Et puis ce charme particulier qui fait qu’en Flandre on aime se réunir, partager et créer.

C’est sans doute l’une des régions les plus riches en associations actives. Les gens ici se prennent en main, avancent, innovent et aiment  s’amuser !

Les grandes étapes de mon projet

« Nous nous sommes installés en 1990 dans la grange de cette ferme typique (hofstède), en cours de rénovation et les cinq premières années furent consacrées à améliorer le confort de notre habitation ».

Puis pour faire partager nos passions et mieux faire connaître notre région, nous avons envisagé de nous lancer dans une activité riche en contact humain. Nous avons longuement réfléchi, interrogé les uns et les autres sur leur activité : Un camping ? Un estaminet ? La chambre d’hôte nous a semblé la mieux appropriée à notre mode de vie, à ce que nous recherchions. Nous aurions le temps nécessaire lors des  repas (petit déjeuner et table d’hôte) d’échanger avec  nos visiteurs, de les conseiller, de les aider à organiser leur séjour s’ils le souhaitent  et surtout de les amener sur le terrain comme nous l’avons fait par la suite lors des week-ends rando-découverte.

Les chambres ont été ouvertes dans l’ancienne grange détruite et reconstruite le 15 juin 1996.

Les travaux d’agencement  se sont étalés sur une longue période, puisque nous avons ouvert deux chambres en 1996, deux autres en 1998 et la dernière en 2005. Ensuite les chambres ont été rénovées depuis leur ouverture, notamment deux nouvelles salles d’eau ont été installées pour les chambres à l’étage. Nous avons également aménagé une salle commune de repos et une cuisine pour nos hôtes en 2003.

Je suis aussi fière de la création de notre grand jardin naturel qui a été classé trois fois Prix d’Excellence par le Conseil Général du Nord.  Ce jardin correspond à notre vision idéalisée de la nature : la présence de plantes régionales, d’animaux, d’insectes et il me tient à cœur de n’utiliser aucun produit toxique pour la nature ! C’est un jardin que nous ressentons comme un lieu harmonieux avec l’homme et avec l’environnement.

Les moyens mis en place pour concrétiser mon projet

« Nous avons bénéficié d’une « main d’œuvre familiale », une aide précieuse pour la réalisation  des travaux. »

Au niveau du financement de nos chambres, le Conseil Général du Nord nous a aidés avec des subventions. Nous avons aussi obtenu un prêt de la banque après les deux premières années d’activité.

Mon mari Jean-François a suivi une formation de création d’entreprise à Flandres Création, un organisme dunkerquois accompagnant les créations et reprises d’entreprise. Il a obtenu un prix pour son projet. De mon côté, pour notre activité de table d’hôtes, j’ai repris une formation de cuisine-salle d’un an par un organisme public, AAE Profil. Cela m’a permis de pratiquer la table d’hôte pendant 15 ans.

Ma passion

« L’art reste très présent dans notre vie puisque nous continuons tous les deux nos activités artistiques. »

J’ai persévéré dans l’art textile, m’inspirant de la nature pour créer des tableaux et des petites œuvres en dentelles. Je donne des cours de dentelles (à l’aiguille, aux fuseaux et de broderie). Ces ateliers sont ouverts à tous, aussi bien aux vacanciers de passage qu’aux personnes locales.

Je suis aussi sophrologue depuis cinq ans : J’ai suivi des cours à l’école de Sophrologie Caycédienne de Lille puis à la fondation Sofrocay à Andorre où j’ai obtenu mon diplôme de sophrologue caycédienne.

Je me suis tournée vers la sophrologie car l’activité de chambre d’hôtes demande beaucoup d’énergie. En effet, recevoir chez soi depuis bientôt 20 ans c’est merveilleux, mais il faut veiller à ne pas se laisser envahir psychologiquement, à ne pas s’«user».

De plus, la chambre d’hôtes n’est pas comme une formule d’hôtel.  Les personnes y attendent un accueil personnalisé, des conseils, des renseignements sur la région… et elles viennent parfois avec tous leurs bagages ! Certaines personnes ont ce besoin de parler, de se confier, et j’aime prendre du temps pour les écouter. Cependant je n’avais pas les outils nécessaires pour leur apporter de l’aide. C’est pourquoi j’ai créé mon cabinet de sophrologue sur place.

Et c’est ainsi que je peux continuer avec bonheur ma vie d’hôtesse tout en combinant mon activité de sophrologie.

Certains vacanciers réservent une séance de sophrologie lors de leur séjour dans nos chambres d’hôtes. L’été je propose de faire les séances dans le jardin. Rien de mieux pour découvrir les sensations du corps que de sentir le soleil sur sa peau ou une brise légère, entendre sans se déconcentrer le chant d’un oiseau et respirer les parfums environnants.  J’ai mis en place la « sophro-art »: Je propose de combiner la sophrologie avec l’art textile. Lors de séances nous créons des objets textiles faciles à faire (patchwork, sculpture…). Je le pratique avec des adultes mais aussi des enfants. A travers la création, les personnes découvrent leurs capacités et renforcent  ainsi leur estime de soi.

Pour finir, nous avons créé avec des amis (dont certains sont aussi propriétaires de chambres d’hôtes) une association, « La Cour d’Octroi », basée sur la créativité et la place de l’artiste dans la ruralité. Elle permet de créer du lien entre les habitants de la région et l’activité artistique, d’échanger avec des artistes et surtout de découvrir qu’il existe sur leur territoire des créateurs passionnés, amateurs ou professionnels.

Mon plaisir au quotidien

« Nous aimons accueillir des personnes de tous horizons et leur parler de la région où l’on vit et que l’on aime, leur transmettre les traditions du terroir et la gastronomie à travers la table d’hôte et les petits déjeuners. »

Et ce que nous aimons dans cette activité, c’est qu’elle s’exerce à domicile. Au  fil des ans nous avons apprécié de nous retrouver chez nous pour le travail, même si il y a des périodes difficiles dans l’année notamment en basse saison où les touristes sont trop peu présents ! Et à l’inverse en haute saison les vacanciers sont nombreux, le rythme de travail est plus intense et nous cumulons de la fatigue.

Le bon côté des choses est que la saison creuse nous permet de nous consacrer à d’autres activités passionnantes, nous évitant ainsi la lassitude, et de pouvoir « recharger nos batteries » pour accueillir nos hôtes à la prochaine période de vacances.

Nous gardons un réel plaisir à travailler au contact de personnes tellement différentes, riches de leur culture et de leurs valeurs. Nous aurions beaucoup de difficultés à travailler hors de nos murs. Peu de gens ont la chance de pouvoir vivre ainsi : Exercer ses passions et faire des rencontres si variées à son domicile.

Je finirai par une citation de Confucius que j’aime beaucoup : « Choisissez un métier que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

Une anecdote à vous raconter

« Certains hôtes sont devenus des amis très proches et nous aimons d’ailleurs utiliser le terme « accueillis » plutôt que « clients » à propos des personnes qui viennent dans nos chambres. »

En presque 20 ans nous avons tant d’anecdotes à raconter ! En voici quelques unes qui me viennent à l’esprit :

Pour les 50 ans de mon mari, sur soixante personnes invitées, quarante étaient des « accueillis » devenus tellement proches qu’il nous a semblé tout naturel qu’ils soient présents pour ce moment important. Quel merveilleux souvenir !

Une fois nous avons offert une bière de bienvenue à un couple (et oui nous sommes en Flandre !) après un long périple venteux en vélo. Et le monsieur qui est violoncelliste est revenu quelques semaines plus tard pour nous offrir un concert privé ! Bach dans la salle à manger du Pantgat est un souvenir mémorable!

Il y a aussi nos amis Pascal et Monique. Elle est cinéaste et ils ont décidé de soutenir notre association « La Cour d’Octroi ». Monique fut la marraine de notre premier grand évènement culturel et le soutien de Pascal est indéfectible.

Et enfin je pense à  ces amis qui ne se s’étaient  plus vus depuis dix ans et qui, par le plus grand des hasards, se sont inscrits au même week-end rando-découverte que nous avions organisé. Quel bonheur d’assister à ces retrouvailles et de les partager avec eux !

Randonnées en groupe
Randonnées en groupe

Adhérent Gîtes de France

Pour moi le label Gîtes de France c’est l’image d’hébergements touristiques de qualité.

Et en tant qu’adhérente de ce label, c’est faire partie d’un réseau cohérent, qui permet à chacun de garder son identité propre dans l’accueil des personnes.

Le rôle des Gîtes de France c’est la défense et la survie des petites structures touristiques que nous sommes.

Un peu de prospective

 Dans 20 ans, je pense que les hébergements Gîtes de France seront de plus en plus « durables ».

Les propriétaires seront de plus en plus impliqués dans la protection de l’environnement et mettront en place des actions écologiques pour leur(s) hébergement(s) (ils produiront leur propre énergie, réduiront la production de leurs déchets, ils utiliseront des matériaux écologiques …).

D’un point de vue touristique, il me semble que pour pouvoir continuer à exister, les propriétaires devront investir davantage dans ce qui fait la différence avec les autres structures classiques : ils développeront des produits originaux (des offres qui ne seront pas spécialement coûteuses, ni pour le propriétaire, ni pour le vacancier) : ils proposeront des activités culturelles, des activités dans le  domaine du bien-être, dans l’environnement…  Et avec l’expansion des nouvelles technologies, la clientèle sera de plus en plus internationale.

Si vous souhaitez découvrir les chambres d'hôtes de Frédérique et y séjourner : "Le Pantgat-Hof", maison d'hôtes à Bollezeele - Nord | Ref.: 1104

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